Théâtre Les Aires

L’association Les Aires poursuit son travail

La Ville de Die renouvelle sa confiance à l’association Les Aires pour la gestion du Théâtre à compter du 1er janvier 2027, pour une nouvelle durée de cinq ans. Après de nombreuses années de collaboration, cette nouvelle délégation de service public (DSP) permet de poursuivre le travail engagé. Rencontre avec son directeur, Mathieu Dardé, pour évoquer les ambitions qui accompagneront cette nouvelle période.

Que représente pour vous ce renouvellement et quelles orientations souhaitez-vous donner au Théâtre ?

Ce renouvellement nous donne une visibilité à moyen terme et un point d’appui important pour poursuivre notre travail. Dans un contexte où les relations entre l’État, les collectivités et le secteur culturel sont parfois incertaines, la relation durable avec la Ville de Die est une vraie force.
Cette nouvelle période doit nous permettre de continuer à remplir pleinement nos missions de Scène Conventionnée d’Intérêt National « Art en Territoire » : diffusion, action culturelle et accompagnement à la création. Il s’agit aussi de poursuivre le travail autour de la place du Théâtre entre Die et les villages du Diois, tant sur la programmation d’octobre à juin qu’avec nos deux festivals L’Échappée des Rues et F(r)iction du Réel.

Un autre enjeu majeur concerne les travaux du bâtiment (comme la loge qui n’est plus accessible), son adaptation au changement climatique. Les épisodes de fortes chaleurs nous obligent déjà à réfléchir à nos pratiques : comment continuer à accueillir du public et des artistes dans de bonnes conditions ? Il faudra aussi trouver un modèle adapté à nos moyens humains et à la situation économique actuelle du secteur culturel. L’enjeu est de continuer à produire du lien et de l’émotion, tout en inventant peut-être de nouvelles façons de faire.

L’ouverture à de nouveaux publics est-elle une priorité ?

Nous avons une belle fréquentation et un public fidèle, mais il faut continuer à renouveler ce public. Il y a des personnes qui aujourd’hui ne viennent pas au Théâtre et qu’il ne faut pas oublier. L’enjeu est de mieux connaître le territoire et ses réalités pour imaginer des projets qui puissent les mobiliser. Le projet mené autour de J’aime la chasse au printemps en est un bon exemple : nous avons créé un premier partenariat avec la Fédération Départementale de Chasse de la Drôme dont des membres sont venus pour la première fois au Théâtre. Pour moi, ce travail ne s’arrêtera jamais : il faut chercher de nouvelles alliances pour inclure celles et ceux qui ne sont pas encore en lien
avec nous.

Comment envisagez-vous les relations du Théâtre avec les artistes et les associations du territoire ?

Le Diois compte un nombre exceptionnel d’artistes, avec des niveaux de structuration variés. Il est important de pouvoir les accompagner par des répétitions au Théâtre ou par la programmation de leur spectacle. Mais notre rôle peut aussi être de leur permettre de sortir du territoire, en les mettant en relation avec d’autres programmateurs grâce aux réseaux professionnels.

Avec les associations, l’idée est de garder la porte ouverte. La programmation peut être un espace de coopération, avec des formes très différentes : un projet construit directement avec le Théâtre, un partenariat ponctuel ou une association accueillie lors d’un événement.

Quelle place souhaitez-vous donner aux mises à disposition du Théâtre ?

Une évolution importante de cette nouvelle DSP concerne justement les mises à disposition. Nous souhaitons mettre en place une commission paritaire entre la Ville et l’association Les Aires, qui se réunirait deux fois par an, afin d’examiner les demandes et de définir ensemble les modalités d’accueil.

L’objectif est de travailler à partir de critères partagés, notamment sur le nombre de jours de mise à disposition, tout en tenant compte des réalités et des moyens de chacun. Cette démarche doit permettre de trouver un équilibre entre l’accessibilité du Théâtre pour les associations et les établissements scolaires et notre réalité économique.

Et le travail avec les scolaires ?

C’est une mission essentielle, mais aujourd’hui fragilisée par les baisses budgétaires. Lorsque les financements diminuent, ce sont directement des projets et des interventions artistiques qui disparaissent. Nous avons envie de continuer à travailler avec la Cité scolaire, tout en élargissant nos relations à la diversité des enseignants et des disciplines. Pour le primaire également, il y a un enjeu à mieux travailler avec l’ensemble des niveaux.

Trois bonnes raisons de pousser les portes du Théâtre ?

D’abord, parce que le Théâtre est un lieu marquant du territoire, où il est possible de s’impliquer en tant que bénévole. Ensuite, parce que les spectacles créent des émotions, permettent de réfléchir, de vibrer ensemble, d’exprimer des désaccords : la culture participe pleinement à la vie démocratique. Enfin, parce c’est un lieu de convivialité où on peut boire un verre, rencontrer du monde, discuter. Le Théâtre participe à la fabrication du lien.

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