
Une nouvelle direction pour Le Pestel
À l’issue de la procédure de renouvellement de la délégation de service public, la Ville a choisi de confier la gestion du cinéma à Chloé Guilhem. Médiatrice culturelle au sein de l’établissement depuis 2022, elle en prendra la direction à partir de janvier 2027, dans le prolongement du travail mené par Jean-Pierre Surle, qui fera valoir ses droits à la retraite en décembre.
Vous allez prochainement prendre la direction du Pestel. Que représente cette nouvelle responsabilité pour vous ?
C’est à la fois très impressionnant et très enthousiasmant. Je connais l’attachement des Diois au Pestel et je mesure donc l’importance de cette responsabilité, ainsi que la charge de travail qu’elle représente. C’est un défi qui m’impressionne, mais je suis aussi très impatiente de commencer !
Le Pestel possède une histoire et une identité très ancrées à Die. Comment appréhendez-vous cette transmission après Jean-Pierre Surle ?
Il y a forcément une part d’appréhension lorsqu’on reprend un lieu aussi identifié. Mais il y a aussi beaucoup d’excitation. Et je bénéficie d’une forme de continuité : je travaille déjà au Pestel et je connais son fonctionnement. Pour le public, le changement ne sera donc pas aussi marqué qu’il peut l’être lorsqu’une personne extérieure arrive. Je vois vraiment cette succession comme un passage de flambeau. Chaque délégataire a apporté quelque chose au Pestel et je vais, à mon tour, hériter de tout ce travail et expérimenter des nouveautés. L’objectif n’est pas de repartir de zéro, mais de poursuivre une histoire en y ajoutant de nouvelles touches.
Qu’est-ce que vous souhaitez absolument préserver ?
Avant tout, l’exigence de la programmation. C’est l’ADN du Pestel depuis des décennies. Il existe peu de cinémas mono-écran dans de petites communes qui proposent une programmation aussi exigeante, ouverte sur le monde et aussi diversifiée. C’est extrêmement précieux.
Nous continuerons donc à proposer des films d’auteur, des découvertes, du cinéma français, des films de répertoire, mais aussi les grandes sorties attendues par le public. Le Pestel est un cinéma généraliste et cette diversité fait partie de ses missions. Nous devons pouvoir accueillir tous les publics.
Quelles évolutions souhaitez-vous apporter ?
Nous avons par exemple envie de proposer des avant-premières surprises, des films « coup de cœur » dont le public ne connaît pas le titre à l’avance. Nous souhaitons également développer davantage de temps forts, nous inscrire dans certains festivals et multiplier les séances spéciales. Nous imaginons par exemple une soirée autour de l’opéra, une nuit consacrée au cinéma d’horreur, ou encore une journée autour d’un ou d’une cinéaste. Pourquoi ne pas aussi imaginer un « Cannes à Die », avec défilé de mode et animations.
Le jeudi soir va devenir un rendez-vous privilégié, avec des séances uniques, des concerts programmés par l’association Le Pestel Café, des rencontres ou des soirées thématiques. L’idée est de créer régulièrement des rendez-vous qui sortent de la programmation habituelle et donnent de nouvelles raisons de venir au cinéma.
Il y a également des pistes autour de l’accueil des familles. Nous aimerions mieux prendre en compte les jeunes parents, avec par exemple des séances où les bébés sont les bienvenus, ou en réfléchissant à une solution de garde en lien avec l’ESCDD. Pendant les vacances scolaires, nous souhaitons aussi renforcer la proposition destinée au jeune public. Autant de projets que nous expérimenterons progressivement, en restant attentifs aux envies et aux retours du public.
Quelle place souhaitez-vous donner aux acteurs culturels et associatifs du territoire ?
Elle est déjà très importante et nous souhaitons évidemment la développer. Le territoire est riche d’associations, d’artistes, de cinéastes, de techniciens et de lieux culturels. Nous avons donc tout intérêt à travailler davantage ensemble. Nous ne pourrons évidemment pas répondre à toutes les sollicitations, car nous avons aussi des contraintes liées à l’exploitation d’un cinéma. Mais lorsqu’une idée est pertinente et qu’elle permet de créer une rencontre avec le territoire, nous aurons envie de l’accompagner.
Envie de dire un dernier mot ?
Je voudrais remercier le public du Pestel. Nous avons la chance d’avoir des spectateurs curieux, fidèles et qui nous font confiance. À une époque où l’on peut regarder énormément de choses chez soi, venir au cinéma reste une démarche particulière. Ce n’est pas parce que tout le monde possède une cuisine que les restaurants ont disparu ! Pour le cinéma, c’est pareil : l’expérience collective, la découverte et la rencontre restent irremplaçables. Nous ferons donc tout pour être à la hauteur de cette confiance, en continuant à proposer, à surprendre et à donner envie de franchir les portes du Pestel à un public toujours plus large.